Risques psychosociaux : ce que le DUERP doit faire apparaître
Un risque bien décrit relie une situation de travail, une exposition et une mesure de prévention vérifiable. C’est cette chaîne qui transforme un inventaire en décision.

Ce qu’il faut observer
Pour risques psychosociaux, l’évaluation doit examiner charge de travail, autonomie, relations, conflits de valeurs, insécurité et violences externes. La bonne question n’est pas seulement « le danger est-il présent ? », mais « qui y est exposé, dans quelle tâche, combien de temps, avec quelles protections et dans quelles situations dégradées ? ».
L’observation de terrain, les entretiens, les accidents, les presqu’accidents, les absences, les équipements, les fiches techniques et les changements d’organisation doivent nourrir cette analyse. Documenter la source de l’information évite de produire une évaluation abstraite et facilite la mise à jour.
Évaluer pour choisir, non pour maquiller
Une cotation peut combiner gravité, fréquence et maîtrise. Elle n’a de valeur que si les critères sont compris et appliqués de façon cohérente. Un risque peu fréquent mais grave peut exiger une action prioritaire ; un risque quotidien à effets progressifs peut être invisible si l’on ne questionne pas la durée d’exposition.
Décrivez les mesures existantes avant d’attribuer un niveau. Une règle affichée ne vaut pas une protection efficace si le matériel est absent, la cadence empêche son application ou la procédure n’est pas connue. Cette distinction entre protection écrite et protection réelle est l’un des points les plus utiles de l’évaluation.
Prévenir : la hiérarchie compte
Les principes généraux de prévention invitent d’abord à supprimer le danger ou l’exposition, puis à combattre le risque à la source. Les protections collectives et l’organisation du travail doivent être examinées avant de se reposer uniquement sur une formation ou un équipement individuel.
Une action de qualité indique le risque visé, le pilote, le délai, les ressources, la preuve attendue et la méthode de vérification. Exemple : plutôt que « sensibiliser », préciser la situation à modifier, le collectif concerné, la mesure concrète et l’indicateur qui montrera si la protection fonctionne.
Suivre et réviser
Inscrivez les actions dans le plan associé au DUERP, revoyez-les régulièrement et mettez le document à jour après tout changement important ou information nouvelle. À partir de 11 salariés, la revue annuelle constitue un minimum. Les versions successives doivent être conservées.
Le meilleur signal d’une prévention vivante est une trace simple : ce qui a été observé, ce qui a été décidé, ce qui a été réalisé, ce qui reste à faire et ce qui a changé dans la situation de travail.
Vérifié le 12 août 2026. Sources principales : Service-Public.fr, INRS et Code du travail. Ce contenu informe ; il ne remplace pas l’analyse des situations de travail de votre établissement.
